"Erreur historique et éthique": l'organisation One Voice s'oppose à l'expansion du centre d'élevage de primates

Description de l’image

 

Au centre de primatologie de Russe, dans le département du Var, il est prévu de tripler les capacités d’élevage de singes - passant de 600 à 1800 individus d’ici 2029. L’objectif est de fournir aux laboratoires français des animaux nés sur le territoire du pays. Depuis un an, l’organisation One Voice mène une campagne active contre ce projet. Des manifestations ont lieu dans toute la France.

Le lendemain de la Journée mondiale des animaux de laboratoire, le 24 avril, la lutte contre l’expansion du centre de primatologie CNRS à Russe a pris un nouvel élan. Le centre prévoit de tripler le nombre de primates utilisés dans la recherche scientifique.

La pétition recueille des signatures

Les opposants au projet le qualifient de “faillite historique et éthique”. Le chef de campagne de One Voice ne comprend pas comment on peut proposer encore plus de primates aux laboratoires pour une “vie absolument insupportable, traumatisante, équivalant à de la torture”.

Le samedi 25 avril, sur le Vieux-Port à Marseille, des activistes ont organisé une collecte de signatures pour la pétition.

“Cela me choque. Je suis bouleversé, j’en ai un peu la nausée, et je suis déçu. J’aime mon pays, mais je n’en savais absolument rien. Je connais Russe - une jolie petite ville propre. Mais c’est caché là-bas, donc c’est quelque chose de sale”, a partagé l’un des signataires.

Des primates indispensables?

L’automne dernier, nous avons eu l’occasion de visiter le centre de primatologie. Sa directrice nous a accueillis dans une pièce où étaient logés de jeunes Papio anubis - une espèce de babouins. Selon elle, la science française dépend encore trop des animaux importés de l’étranger.

“Il faut comprendre : ces animaux sont importés de quelque part, ils viennent de l’étranger. Donc, pour mener des recherches dans le domaine de la santé publique, nous dépendons d’autres pays. Ici, une partie de ces animaux sera élevée en France, sur notre site”, a expliqué la directrice du centre.

Un projet de 31 millions d’euros financé par l’État

Certains scientifiques soutiennent qu’il n’est pas encore possible de renoncer complètement aux expériences sur des êtres vivants - en particulier dans les domaines des sciences cognitives, des maladies neurodégénératives et de certains types de cancer.

Les opposants à l’expansion, quant à eux, soulignent la position particulière de la France sur cette question.

“L’avenir est dans la recherche d’alternatives sans utilisation d’animaux : elles sont plus précises par rapport à l’homme, moins chères et plus éthiques”, déclarent-ils chez One Voice.

Les prochaines actions sont prévues le dimanche 26 avril : le matin - à Fréjus, l’après-midi - à Nice.