Publicité Snapchat à Nice : la préfecture la juge légale
La gigantesque publicité Snapchat sur la façade historique du Palais Hongran à Nice a été installée légalement — la préfecture des Alpes-Maritimes l’a confirmé le 31 juillet 2026. L’autorisation a été délivrée avant le montage, et les recettes de la bâche doivent être affectées à la restauration du bâtiment lui-même.
Bannière à l’intérieur du périmètre d’un site UNESCO
Depuis le dimanche 26 juillet 2026, une partie des échafaudages sur la façade du Palais Hongran est recouverte d’une publicité en noir et blanc pour les lunettes intelligentes Specs de Snapchat. La toile, d’environ 20 sur 10 mètres, donne sur le quai des États-Unis dans le quartier des Ponchettes, au-dessus du restaurant Di Piu, — c’est-à-dire au cœur de la zone inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO sous le nom « Nice, ville de villégiature d’hiver de riviera ».
Ce qui a déplu à l’opposition
Le 27 juillet, Anthony Borré, conseiller d’opposition et ancien premier adjoint du maire Christian Estrosi, s’est publiquement adressé au maire de Nice : « Une publicité aussi monumentale au cœur du périmètre inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO me semble contraire au règlement local sur la publicité ».
Selon lui, de telles installations ne se justifient que lorsque l’argent sert à la restauration du patrimoine public dans le cadre d’un mécénat lisible, et non pour des opérations commerciales sur des bâtiments privés.
Réponse de la préfecture : l’autorisation a été donnée
Comme le rapporte Nice Premium, la préfecture des Alpes-Maritimes a confirmé : l’autorisation a été délivrée avant l’installation, la durée d’affichage est limitée à un mois, et des avis favorables ont été rendus par l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC).
La partie publicitaire occupe 45 % de la bâche, les maquettes ont été approuvées à l’avance. L’article L.621-29-8 du Code du patrimoine autorise les propriétaires de monuments — privés comme publics — à apposer des publicités sur les échafaudages si les recettes servent à financer les travaux. La mairie de Nice, de son côté, a rappelé que le bâtiment est privé et que la décision d’autoriser la publicité sur un monument revient non pas à la ville, mais au service régional de protection des monuments.
L’immeuble où Napoléon a vécu une semaine
Le Palais Hongran a été construit au XVIIIe siècle : les travaux se sont achevés en 1772, le commanditaire était Joseph-François Hongran, qui a acquis la même année le titre de comte de Fiano. Du 26 mars au 2 avril 1796, Napoléon Bonaparte a séjourné au dernier étage de l’immeuble — tout juste nommé commandant de l’armée d’Italie. Le palais a été inscrit au registre des monuments historiques le 2 décembre 2010.
Selon la préfecture, l’UNESCO a été informée avant le montage : la bâche est temporaire et réversible, et ne contrevient donc pas aux obligations liées à l’inscription de Nice sur la liste.
La question du patrimoine n’est pas nouvelle pour la ville : Nice restaure les tableaux et les lampadaires de l’Opéra, et sur le littoral des ensembles entiers comme les villas du Cap-d’Antibes reposent sur des propriétaires privés.
— — —
Photo : AXP Photography / Pexels